Les pesticides : du champ à l’assiette. Une réalité accablante

Plus de 66 000 tonnes de pesticides (herbicides, fongicides et insecticides) sont utilisés en France chaque année dans les cultures agricoles (90%) et horticoles (10%), ce qui fait de notre pays le deuxième plus gros consommateur de ces substances de l’Union Européenne, juste derrière l’Espagne (69 000 tonnes). C’est un marché annuel d’environ 2 milliards d’euros.

Les substances actives, qui agissent sur le nuisible, utilisées en agriculture sont au nombre de 800 environ (dont environ 400 utilisées en France) et entrent dans la composition de plus de 6 000 produits (préparations commerciales). Environ 4000 produits sont utilisés en France. Les produits commercialisés peuvent contenir une ou plusieurs substances actives et des adjuvants qui sont aussi des molécules chimiques. Ils bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché.

Le recours aux pesticides n’a cessé d’augmenter, en moyenne de 5,8% au niveau national, entre la période 2011-2013 et la période 2012-2014, a indiqué le ministère de l’Agriculture.

Ces résultats sont alarmants. Pourquoi ? La réponse est claire : les pesticides ont un effet délétère sur la santé humaine. En effet, la toxicité des molécules ne se limite pas aux seules espèces que l’on souhaite éliminer. Il n’existe pas de pesticide totalement spécifique d’un nuisible. De plus en plus d’études épidémiologiques et toxicologiques associent l’exposition chronique aux pesticides au développement de maladies dont certaines sont très graves. Si les agriculteurs sont en première ligne, ils ne sont pas les seuls à développer des pathologies liés à ces produits.

Que sait-on de ces substances ? Des fongicides aux herbicides en passant par les insecticides, chacune d’elles agit sur les fonctions vitales des organismes vivants ciblés. Elles perturbent la signalisation hormonale ou nerveuse, la respiration cellulaire, la synthèse des protéines ou endommage certains gènes. Comme tous les êtres vivants ont des processus physiologiques en commun, un pesticide présente de ce fait un potentiel toxique pour tous les organismes vivants, du doryphore à l’homme.

D’après une synthèse publiée par L’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), les principales pathologies associées aux pesticides sont les troubles cognitifs, les maladies de Parkinson et d’Alzheimer, le cancer de la prostate, l’infertilité, le lymphome non hodgkinien, le myélome multiple, la leucémie. Elles touchent principalement et à des degrés divers les agriculteurs, les applicateurs et les travailleurs de l’industrie phytosanitaire. Les enfants de mères exposées pendant la grossesse peuvent être atteints de malformations congénitales, leucémie ou de tumeurs cérébrales. L’exposition du voisinage est également une source potentielle de maladies.

Les grandes productions céréalières, les producteurs d’oléagineux et les viticulteurs sont les principaux utilisateurs de pesticides en France. Le commerce des herbicides vient en tête avec 40% des ventes devant celui des fongicides et des insecticides.

Parmi les fruits et les légumes les plus contaminés, on trouve la pomme, la pêche, le poivron, le céleri, la nectarine, la fraise, la cerise. Pour se prémunir contre les pesticides présents dans les aliments, il est recommandé de bien laver les fruits et les légumes tout en étant conscient que cette action est insuffisante pour faire disparaitre toutes les traces de substances chimiques. Le mieux serait de les éplucher, mais dans ce cas on élimine également les vitamines et les anti-oxydants contenus dans la peau. Les molécules toxiques sont aussi parfois présentes dans le corps du fruit. Il faut donc privilégier la consommation de fruits et légumes issus de l’agriculture biologique.

Des efforts ont été réalisés par certaines collectivités publiques pour limiter l’usage de ces substances nocives, c’est notamment le cas des communes de Gergovie-Val d’Allier dont La Roche Blanche et du département du Puy de Dôme. Il faut s’en féliciter, mais ces efforts doivent être suivis par les particuliers et les professionnels de l’agriculture. En effet, 1 seul gramme de la substance active d’un pesticide suffit pour rendre impropre à la consommation 10 000 m3 d’eau soit la consommation de 50 foyers de 4 personnes pendant un an. Un gramme de pesticide suffit à polluer un ruisseau d’un mètre de large sur 10 km.

L’objectif du plan Ecophyto 2 lancé par le gouvernement est de faire baisser de 50% l’utilisation des pesticides en France d’ici à 2025. Un but qui paraît d’ores et déjà très difficile à atteindre.

Gérard Fonty

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Une nouvelle protection sociale pour répondre aux défis environnementaux ?

La fin de l’année 2016 a vu à la fois la célébration de la sécurité sociale à travers le beau documentaire de Gilles Perret «La sociale» et la remise en cause de l’idée même de protection sociale dans certains programmes de candidats à la présidentielle.

J’ai envie, à l’instar d’Éloi Laurent, économiste et conseiller scientifique à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), de montrer l’actualité et surtout l’avenir de « l’État-providence » face aux nouveaux défis de notre époque.

A l’origine de l’ “État-providence”, à la fin du XIXe siècle, il y a la prise de conscience par la société de la nécessité de prendre en charge d’une façon mutualisée les risques sociaux, la démocratie se devant d’inclure aussi la démocratie sociale. Il s’agit de passer d’un État régalien à un État providence (social ou de bien-être). La première loi est promulguée en 1883. Et on arrive en 1945 à l’assurance des risques sociaux par l’État : c’est la mise en œuvre de la Sécurité sociale : «les résistants, des gaullistes aux communistes, ont ensemble donné corps à une belle utopie qui nous protège encore au quotidien» nous explique Gille Perret dans son film où il donne la parole aux acteurs de l’époque.

Depuis, cette «institution» a montré son efficacité en amortissant les effets des crises économiques successives : «Face à la crise économique, les cotisations sociales redistribuées sous forme de prestations aux ménages et aux entreprises ont permis de diviser par quatre le choc économique pour le revenu des ménages.» et en contribuant à faire du système de santé français un des meilleurs au monde selon l’Organisation Mondiale de la Santé.
L’État-providence est un investissement dans le capital humain, et le modèle de l’État providence  a été repris sous différentes formes dans le monde entier. Les pays qui ont adopté le principe de l’État providence sont aujourd’hui les plus développés : la richesse d’un État dépend aujourd’hui, en effet, plus de la santé et du niveau d’éducation de sa population que du seul niveau de revenus.

Les contraintes économiques actuelles justifient-elles de remettre en cause ce modèle?  

Nous sommes bien loin du programme du Conseil National de la Résistance qui permit la création de la sécurité sociale, dans une France ruinée, à une époque où le projet politique prévalait sur la question économique.

Il est bien sûr nécessaire de l’adapter afin de lutter davantage contre les inégalités sociales qui augmentent  mais aussi, désormais, de prendre en compte la question environnementale.

Force est, en effet, de constater le coût sanitaire lié aux impacts écologiques (pollutions, canicule, etc..). Les inégalités sociales correspondent, le plus souvent, aux inégalités environnementales. Les cartes d’exposition aux pollutions et celles de localisation de la pauvreté se superposent.

Face aux dérèglements climatiques – qu’il considère comme un nouveau risque social frappant d’abord les plus fragiles – Eloi Laurent propose de construire de nouvelles protections sociales, d’articuler la question écologique et la question sociale en développant un « État social-écologique » liant le développement social et le développement économique.

Montrer que le monde économique ne se réduit pas au PIB est devenu un enjeu fondamental pour le développement humain qui prend en compte l’éducation et la santé, c’est-à-dire le bien-être social. Cela suppose changer les attitudes, changer les valeurs : des changements urgents pour un travail de longue haleine !

Espérons que les citoyens se saisissent de ce débat et incitent les candidats à l’élection présidentielle à s’engager dans cette direction.

Éloi Laurent  Le bel avenir de l’État Providence, Éd. Les liens qui libèrent, Paris 2014

Éloi Laurent & Philippe Pochet  Pour une transition sociale-écologique. Quelle solidarité face aux défis environnementaux ? Ed Les Petits matins collection Essais.

Catherine Souchal

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L’édito de mars 2017 par Gérard Fonty

L’évolution de la vie m’a amené à quitter La Roche Blanche-Gergovie pour la capitale Auvergnate. En conséquence, je cesse mes fonctions de président de Osons Demain. Il m’est agréable de vous dire tout le plaisir que j’ai éprouvé en assurant cette tâche et particulièrement en vous informant grâce aux lignes écrites dans ce modeste journal et organisant des conférences sur des thèmes d’actualité. Je poursuivrai cet engagement au sein d’autres associations clermontoises ou régionales mais je ne vous oublierai pas.

Dire que nos sociétés abordent une transition, voire davantage, probablement une métamorphose qui implique un autre modèle de développement n’a jamais relevé, dans mes propos, d’une posture politicienne ou d’un effet de mode, mais d’une conviction profonde que je souhaitais faire partager.

Je sais qu’il ne suffit pas de rabâcher les périls qui nous guettent pour les conjurer, mais je sais aussi que le déni des problèmes environnementaux associé à des orientations et des décisions prises sans une connaissance approfondie de la situation de la planète,  à une croyance sans nuance dans le progrès technologique, à des choix politiques sans critique, à l’abandon d’opprimés à leur triste sort et à des complaisances successives face à certains lobbies, peuvent contribuer à rendre le monde plus dangereux.

Plus que jamais, j’ai la conviction qu’il faut s’accrocher à des principes et des valeurs naturellement respectueuses des hommes mais aussi de la nature sous tous ses aspects, afin de faire éclore un humanisme moderne et une démocratie revigorée.

La lutte contre les émissions des gaz à effet de serre afin de limiter le changement climatique, la protection de la fertilité des sols, la préservation des surfaces agricoles, le développement des énergies renouvelables, la lutte contre l’érosion de la biodiversité, le maintien des services rendus par les écosystèmes naturels, l’économie de proximité sociale et solidaire, la conscience de la limite des ressources de la planète, doivent être les principaux mots-clés de nos réflexions et actions. Ils constituent le fil rouge du futur. Tout le reste en dépend. Les solutions existent. Il faut être lucide. C’est à partir des solutions apportées à ces enjeux que naitront des emplois pour nos petits-enfants et un monde meilleur. C’est là une source majeure de motivation. En revanche, comme le souligne l’économiste Gaël Giraud, il n’y aucun motif de croire que nous pourrons retrouver de la croissance, comme par magie, avec le modèle actuel, en raison notamment de la raréfaction et du renchérissement des ressources naturelles non renouvelables. La seule façon de renouer avec la prospérité est de changer de paradigme, en avançant vers une économie post-carbone. Outre qu’il sera créateur d’emplois, ce projet est porteur de sens et de lien social, parce qu’il a une dimension politique, collective et positive.

Vous trouverez dans ce numéro du Baguenaudier quelques articles qui alimenteront votre réflexion et j’espère, nourriront et orienteront vos comportements. C’est le vœu que je formule en ce début d’année 2017.

Bonne lecture à toutes et à tous.

Gérard Fonty

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Les tones de vigne

Que sont devenues les tones du temps qui passe,
Que sont devenues les tones du temps passé ?
Sont parties, tombées en ruines, dans les champs labourés
Sont parties, tombées en ruine, dans les vignes oubliées.

Que sont devenus les hommes du temps qui passe,
Que sont devenus les hommes du temps passé ?
Sont partis tailler les vignes, avec tous leurs vieux amis,
Sont partis tailler les vignes, là-bas dans l’oubli.

Bâti vernaculaire des zones vigneronnes

En Auvergne des Limagnes, la cabane de vigne est appelée «tonne» ou «tone»,
du celte «tounà», qui au sens premier signifiait «cuve», «fouloir» …

Généralement bâties en pierres, sèches ou maçonnées, le vigneron y trouvait un abri en cas d’intempérie, mais aussi un lieu pour ranger quelques outils, pour casser la croûte, laisser son «bousset» (petit tonneau en bois d’un ½ litre et jusqu’à 2 litres selon le modèle) ou prendre quelque repos. La toiture permettait de récupérer l’eau de pluie pour divers usages, notamment pour préparer le sulfate.

Simple, attachante, et sans prétention, la tone de vigne faisait partie intégrante du travail de la terre. Elle était le lien entre le vigneron et son vignoble.

Elle était un point de repère dans le paysage.

Jean-Gabriel Blatteyron

(Photographies Jean-Gabriel Blatteyron)
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Une AMAP près de chez vous !

Une AMAP est une Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne, il y en a plus d’une vingtaine  dans le Puy de Dôme. Derrière ce sigle, il y a des citoyens consommateurs ou producteurs qui ont envie de consommer autrement et qui s’organisent pour mettre en place un lieu de vente directe dans une ambiance conviviale.

Les producteurs sont dans une démarche de production respectueuse de l’environnement, la plupart en agriculture biologique ou en conversion.

Les consommateurs font le choix de consommer des produits de saison, produits localement, et acceptent certaines contraintes pour soutenir la démarche des producteurs, comme s’engager à acheter régulièrement un panier type, donner un coup de main si nécessaire et se mobiliser en cas de coup dur.

Les deux se retrouvent au sein d’une association, discutent, échangent, planifient les rencontres, gèrent les locaux, organisent la vente.

Adhérente depuis sa création, en  2009, de l’AMAP de la Veyre, je voudrais témoigner de l’intérêt de ce fonctionnement qui a complètement transformé notre façon de consommer :

Beaucoup moins de temps passer dans les grandes ou moyennes surfaces et donc, beaucoup d’achats inutiles en moins ; des produits de qualité, issus de l’agriculture biologique, à un prix très acceptable. La combinaison des deux fait que le budget courses a globalement plutôt baissé.

Bien sûr, avoir un panier chaque semaine impose certaines contraintes : on ne choisit pas ses légumes ; cela change la façon de cuisiner, on ne se demande plus ce qu’on va bien pouvoir faire à manger, on cherche une recette pour accommoder  ce drôle de chou pointu, ces navets d’or, ces rutabagas ou ces belles carottes jaunes. Pas de problème pour  trouver des idées, sur internet ou en échangeant avec la productrice. Les autres producteurs : poissons, viandes, fromages, bières, pains…etc,  fonctionnement eux sur commande, d’une fois sur l’autre ou par internet. Evidemment, il faut s’organiser, se rendre chaque vendredi au local du joli village de Monton  et passer un peu de temps à prendre ses commandes mais aussi discuter avec chacun. Dés que le temps le permet, la vente a lieu dehors et prend des allures de marché bien sympathique. Faire partie d’une AMAP, c’est aussi s’intéresser ou participer à la gestion de l’association assurée par un collectif à Monton. D’autres AMAP existent à proximité : à Romagnat, Aubière ou Vic le Comte pour ne citer que les plus proches. Sur notre commune, Sandy, en plus de l’AMAP de la Veyre assure la livraison de paniers à La Roche Blanche ; Gilles Persilier, notre vigneron bio local fait aussi le relais avec d’autres producteurs bio et d’autres producteurs locaux du GAEC de l’Auzon se retrouvent chaque vendredi pour vendre en direct.

Alors en ce début d’année pourquoi ne pas prendre une bonne résolution et opter pour une solution : écologiquement saine, socialement équitable, et économiquement viable.

Vous pouvez trouver tous les renseignements sur les sites internet de chaque AMAP et n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.

Catherine Souchal

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Paysages « extra » ordinaires.

Estelle Ficuet, une étudiante de l’école d’architecture de Clermont a réalisé son mémoire de fin d’études sur la structure paysagère du secteur sud de l’agglomération clermontoise. Son travail l’a amené à rencontrer et échanger avec plusieurs habitants de la commune notamment de Gergovie. Nous avons extrait  un passage de son mémoire relatif à notre commune :

« Ces paysages des « Pays-coupés » j’ai appris à les lire, les décrire et les expérimenter. A l’apparence ordinaire ils regorgent d’une richesse infinie. Des détails insignifiants aux yeux de certains sont toutefois des éléments de première importance pour raconter un chapitre de « l’histoire du pays roche-blanchois.

 A partir du territoire Roche-blanchois et le plateau de Gergovie, des paysages s’étendent à perte de vue. La succession des vallées et des plateaux offrent un large champ sur le lointain qui invite à la découverte. 

Je vois une étendue de champs vaste et colorée au lointain. C’est une plaine. Celle de la Limagne d’Authezat. En toile de fond, à peine perceptible par la brume estivale se dessine des monts. Le Pays-coupé s’étend face à moi. J’aperçois la butte du Crest avec un habitat assez dispersé. Elle semble s’écouler à l’Est sur une nouvelle plaine. Puis de nouveau une émergence : celle de Monton. Et une autre, celle de Corent. Cela me paraît infini et je me laisse porter par la lecture des différentes strates qui s’offrent à moi. Moment de lucidité, j’ai les pieds sur terre, celle du plateau de Gergovie. Dans un tout autre sens de lecture, je viens à m’intéresser à ce qui se passe à mes pieds. Sous la pelouse verte du plateau s’étend un village. Celui de la Roche-Blanche. A l’image du Crest, la butte de la Roche semble initier un mouvement de vague vers l’Est. Différence notable cependant, la butte est dépourvue de toute habitation. Particularité d’autant plus signifiante que la végétation ne couvre pas toute son intégralité. Un vide est présent. Celui marqué par les champs. A mon sens c’est un espace ouvert. Presque semblable à un cheminement démesuré qui nous invite à prendre le large »

A vous de faire votre propre lecture des paysages qui vous entourent.

Tâchons de savoir préserver nos paysages, nos champs cultivés, nos espaces en friche, supports de biodiversité, indispensables …. à la qualité de notre vie.

Gérard Fonty

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Planète: En 2016, le lundi 8 août .

Planète: en 2016, le lundi 8 août l’humanité avait consommé  la totalité des ressources renouvelables en un an et a donc vécu « à crédit » jusqu’au 31 décembre

L’humanité a consommé depuis lundi 8 août la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an, a calculé l’ONG Global Footprint Network.

Le lundi 8 août marque pour la Terre le « jour du dépassement ». A partir de cette date et jusqu’au 31 décembre, nous avons donc vécu à crédit », écrivent le Global Footprint et le WWF (World Wildlife Fund ou Fond Mondial pour la Nature) dans un communiqué. En 1970, il survenait le 23 décembre. Depuis, la date n’a cessé d’avancer: 3 novembre en 1980, 13 octobre en 1990, 4 octobre en 2000, 3 septembre en 2005, 28 août en 2010, 13 août en 2015. Pour subvenir à nos besoins, nous avons aujourd’hui besoin de l’équivalent de 1,6 planète par an.

Le coût de cette surconsommation est déjà visible : pénuries d’eau, désertification, érosion des sols, chute de la productivité agricole et des stocks de poissons, déforestation, disparition des espèces. Vivre à crédit ne peut être que provisoire parce que la nature n’est pas un gisement dans lequel nous pouvons puiser indéfiniment.

Les émissions de CO₂ sont le plus important facteur de dépassement: elles représentent 60% de notre empreinte écologique globale. D’après le Global Footprint, en 2030, si les émissions mondiales de CO₂ ne diminuent pas, l’humanité aura englouti son « budget écologique » dès le 28 juin. Comme le souligne l’économiste Daniel Cohen «  le désir est infini…mais le monde est clos ». Cela appelle à la réflexion !

Gérard Fonty

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Deux forces pour le futur : connaissance et adaptabilité.

Le basculement sur le monde métamorphosé qui se profile devant nous, exige sans plus tarder, une réflexion collective approfondie sur l’organisation de nos sociétés. Indépendamment de toute option politique partisane légitime, chacun de nous est concerné. Ce sont en effet les enjeux environnementaux qui gouverneront le monde à partir de maintenant comme la COP 21 l’a souligné. C’est pour être en adéquation avec ce contexte que « Avenir de La Roche Blanche-Gergovie » a décidé de s’appeler « Osons Demain ».

 « Osons demain » se veut une force locale fédératrice d’énergie pour faire émerger, dans notre bassin de vie, un modèle de développement soutenable. Sa mission sera celle de citoyens engagés pour éclairer la population sur la complexité des enjeux environnementaux et sociétaux. Face à la simplification médiatique, « Osons demain » veut  offrir un récit mobilisateur et être le moteur d’une indispensable intelligence collective. « Osons Demain », veut, avec ses moyens, sans arrières pensées politiciennes, mais avec ses convictions, faire s’épanouir un mouvement associatif d’analyses et d’information au service des citoyens pour qu’ils voient demain dans sa complexité et pour qu’ils mettent en œuvre individuellement et collectivement des solutions aux réels défis du 21ème siècle. L’objectif est ambitieux mais il est éloigné de l’utopie et de la mystification.

Dans les décennies futures, l’humanité devra faire face à l’un des plus grands défis de son histoire : dans un contexte de changement global, notamment climatique, elle devra mobiliser les ressources alimentaires, énergétiques et en matières premières pour une population de plus de 9 milliards d’êtres humains sur une planète dont on sait que les capacités ne sont pas infinies. Les relations entre l’homme et la nature seront plus que jamais déterminantes. C’est sur les services rendus par les écosystèmes naturels et la biodiversité que l’humain devra compter pour assurer sa survie. A cette fin, la connaissance de la réalité et l’adaptabilité seront des atouts indispensables.

Aujourd’hui, le niveau collectif de connaissance est sans précédent mais il est mal partagé et doit être élargi. Des actions sont déjà en marche dans de nombreux territoires afin de réinventer nos façons de produire, de nous nourrir, d’échanger, d’habiter, de nous déplacer ou encore d’éduquer nos enfants. Nous n’avons que peu de temps pour agir et construire un avenir moins vulnérable aux crises écologiques, énergétiques et économiques. L’échelle locale est primordiale pour expérimenter, crédibiliser et structurer des modes vie, de production et de consommation compatibles avec un schéma de développement durable. Aujourd’hui, celles-ci sont encore des alternatives au mode de développement actuel, mais demain, elles deviendront des normes.

Grâce à la science, nous savons maintenant qu’il faut fixer des limites au dérèglement du climat, s’adapter et trouver des solutions pour éviter la catastrophe.  Nous savons que même façonnés par 3,8 milliards d’années d’évolution du monde vivant, les services fournis par la nature risquent d’être anéantis par quelques décennies de pratiques humaines irraisonnées, érodant la biodiversité à une vitesse jamais atteinte au cours des millénaires précédents, stérilisant nos sols fertiles et épuisant les ressources fossiles qui ont mis des millions d’années à se constituer. Face à ces dérives, la responsabilité vis-à-vis des générations futures impose engagement et mobilisation. Il faut « réfléchir et oser aujourd’hui » pour que nos enfants « vivent bien demain ».

Toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par la réflexion et l’information citoyenne en faveur d’un développement soutenable sont les bienvenus à « Osons Demain » car le changement sera citoyen ou ne sera pas. Seuls nous sommes impuissants, associés il y a espoir de réussir l’indispensable transition écologique qui se présente à nous.

Gérard Fonty

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Réconcilier environnement et économie

Ils ont osé … et…ça se passe près de chez nous

Une coopérative citoyenne sans but lucratif de type SCIC, COMBRAILLES DURABLES, a vu le jour en 2010 à Loubeyrat au nord de Clermont. Elle a pour objectif la production citoyenne et locale d’énergies renouvelables en collaboration avec les acteurs du territoire (collectivités territoriales, citoyens, entreprises et associations). Cette société permet ainsi l’appropriation citoyenne des problématiques énergétiques au niveau local, de créer du lien social, et de sensibiliser aux économies d’énergies.

La production décentralisée d’électricité permet d’autre part de limiter les pertes d’énergie liées au transport sur le réseau tout en assurant un maximum de retombées économiques sur place. Elle agit pour la réduction des consommations énergétiques de ses membres (compteurs d’énergie, achats groupés de chauffe-eau solaires, stages éco construction). Les initiatives font aussi de la préservation des paysages et de l’environnement une priorité.

Combrailles Durables regroupe plus de 230 coopérateurs qui ont constitué des fonds propres pour financer l’installation de centrales photovoltaïques sur le territoire (actuellement 17). La production électrique équivaut à la consommation annuelle de 174 ménages (hors chauffage). Sans but lucratif, tous les bénéfices réalisés sont réinvestis pour financer de nouvelles centrales ou de futures actions de sensibilisation aux économies d’énergies.

Cette initiative est reproductible partout et chacun peut devenir coopérateur de Combrailles Durables. Ainsi des centrales photovoltaïques ont été installées sur la salle polyvalente de Ménétrol, quatre projets sont en cours de réalisation  à Volvic et un à Blanzat.

Les communes qui ont compris que la transition écologique était devenue indispensable, ça existe. Quelques communes sont même devenues des territoires à énergie positive.

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Ils ont osé le dire… (Citations)

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ». Albert Einstein

On nous annonce qu’on veut mettre le Soleil en boîte; la formule est jolie, le problème est que l’on ne sait pas fabriquer la boîte!   JM Pelt

« C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas. » Victor Hugo

Le premier qui ayant enclos un terrain s’avisa de dire « Ceci est à moi », et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargné au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : « Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous  êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne ». Jean-Jacques Rousseau.

« Nous voulons être débarrassés des violences qui nous gênent, qui portent tort à nos intérêts; mais nous avons une certaine compréhension pour les violences qui ne nous gênent pas et qui sont plutôt de nature à servir nos intérêts… ». JM Pelt

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